Juif errant (Le) - Feuilleton 132

Auteur:
Date du feuilleton: 
05 juin 1845
Première phrase du feuilleton: 

Pendant la scène pénible que nous venons de raconter, une vive émotion avait coloré les traits de Mademoiselle de Cardoville, pâlie, amaigrie par le chagrin; ses joues, naguère d'une rondeur si pure, s'étaient déjà légèrement creusées, tandis qu'un cercle d'un faible et transparent azur, cernait ses grands yeux noirs, tristement voilés, au lieu d'être vifs et brillans, comme par le passé; ses lèvres charmantes, quoique contractées par une inquiétude douloureuse, avaient cependant conservé leur incarnat humide et velouté.

Dernière phrase du feuilleton: 

Ces pensées ne soulevaient dans l'ame de la Mayeux aucun sentiment amer ou ingrat contre sa bienfaitrice, mais le cœur de l'infortunée était d'une si ombrageuse délicatesse, d'une si douloureuse susceptibilité à l'endroit de son funeste amour, que, malgré sa profonde et sa tendre affection pour Mlle de Cardoville, elle souffrit cruellement en la croyant maîtresse de son secret.

Remarques: 

Publié dans la rubrique « Feuilleton du Constitutionnel. » Cet extrait fait partie de la partie intitulée « Le Choléra » et du huitième volume du roman. Chapitre XVIII est intitulé : « Les Aveux. » Remarque de clôture : « (Le 19e chapitre à demain.) »